| Sophie Guilbert |
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C’est parce qu’elle trouvait que les histoires qu’on lui racontait étaient
trop courtes, que Sophie Guilbert commence dès son enfance à se tourner vers
les arts graphiques. « Il fallait que je poursuive ces histoires et que je crée
les miennes, le dessin et le modelage étaient alors un bon support pour moi ».
Aussi, ces parents ne furent-ils pas étonnés de la voir tailler ses craies
d’écoliers et ses savons de Marseille.
Par la suite, la découverte de la fantasy lui permet d’élargir ses thèmes
d’inspiration et c’est tout naturellement qu’elle commence, sur le papier, à
donner corps au bestiaire fantastique qui lui trotte dans la tête. Sa première
créature en trois dimensions ne tarde pas, non plus, à prendre vie, après
qu’elle a écrit une nouvelle fantastique qui la met en scène : tout droit sorti
de son imaginaire, « le mica,
dit-elle, est le mariage d’un peu de résine et de poils de balai ».
Puis elle s’essaye à la pâte fimo qui est plus solide que la résine et qui
lui permet une grande minutie dans son travail des détails. « Je suis atteinte
de détaillomanisme aigu », nous confie-t-elle en riant. Petit à petit sa
technique s’améliore et les créatures sorties de son imaginaire et de ses
lectures prennent forme dans son atelier.
De bonnes notions d’anatomie humaine et animale, acquises aux Arts
Appliqués, lui permettent de traiter sans difficultés les animaux et les êtres
humains. Mais il va sans dire que Sophie prend plus de plaisir à mettre en
scène des créatures fantastiques comme les licornes et les dragons, dont elle a
d’ailleurs un élevage impressionnant. Mais lorsqu’elle s’écarte un peu des
êtres de légende, c’est pour donner vie – à la manière d’un docteur Moreau
passionné de fantasy – à des créatures tout droit issu de son imaginaire et qui
ne font référence à aucune créature mythique ou vivante connue : c’est ainsi
que des lièvres-éléphants, des souris à trompes ou encore des lutins verts et
ailés voient le jour....
Riche de ces créations et sans entraves au niveau de l’imaginaire, Sophie
Guilbert rencontre en 1999 deux sociétés spécialisées dans la création de
figurines et de statuettes. Séduite par ses précédents travaux, chacune lui
propose de faire un essai : un samouraï pour Fenryll et une pin-up « La Dame au
dragon » pour Dès Kit. Depuis, Sophie continue à travailler avec eux et a déjà
fourni onze figurines à Fenryll et trois à Dès Kit.
Actuellement, elle poursuit son travail de peintre, d’illustratrice et de
figuriniste, mais trouve aussi le temps de se faire plaisir par des créations
plus personnelles.
http://www.sophieguilbert.com/
http://mdmondes.free.fr/arts/s_guilbert.htm
Chrystelle
Camus
Cet article est
initialement paru dans Faeries 2,
automne 2000, pages 100-101. |

