Interview de François Darnaudet

• Depuis quand écris-tu ?

François Darnaudet : Depuis 1974 ou 75, j’étais en première scientifique dans un lycée bordelais. Je m’ennuyais terriblement. Très mal dans ma peau.

• Te souviens-tu de ton premier texte ? De quoi parlait-il ?

F. D. : Un archéologue attendait la mort, en plein désert, devant des ruines égyptiennes. Il se souvenait d’un cauchemar situé au musée du Louvre, dans la salle d’égyptologie où le narguait une statuette du dieu Bès (à l’époque, je ne savais pas que c’était une divinité protectrice…).

• Quel regard portes-tu dessus aujourd’hui ?

F. D. : Finalement, j’écris toujours les mêmes trucs… en un peu plus long et, j’espère, en mieux documentés !

• Qu’est-ce qui a déclenché ton envie de devenir auteur ?

F. D. : Je me suis dit qu’il fallait que je trouve une astuce pour ne pas perdre ma vie à chercher à la gagner par des métiers absurdes… finalement, c’est raté ! Je travaille absurdement et j’écris en parallèle.

Et puis, je soigne mon mal-être chronique en écrivant… ça m’évite de payer un psychiatre !

• Tes livres favoris ?

F. D. : Tout Vian, presque tout Stevenson, tout Lovecraft, tout Darien, presque tout Poe, tout Jim Harrison, tout Dan Fante, beaucoup de John Fante, les premiers Djian et Dubois, tout Michaël Moorcock, les premiers Clive Barker, tout Gaston Leroux, tout Colin Wilson, certains Glen Cook et des centaines d’autres livres…

• Ton univers musical ressemble-t-il à ton univers littéraire ?

F. D. : J’adore le jazz, le cool jazz et les chanteurs italiens. Y a-t-il un lien avec mes livres ? Avec Le Fantôme d’Orsay, sûrement, très cool jazz…

• Tes auteurs français préférés ?

F. D. : Jérôme Leroy, Francis Valéry, Philippe Ward, Gilles Bergal/Gallerne, Serguei Dounovetz,  Eric Dardill, J.-B. Pouy, pour mes contemporains…

• Tes auteurs étrangers préférés ?

F. D. : Michaël Moorcock dans la fantasy au sens large. Dick, Van Vogt et Simak en SF, Barker, Colin Wilson et Masterton en fantastique.

• Quelles influences ont-ils eues sur ton écriture ?

F. D. : Je suis une abominable éponge qui se gorge de l’extérieur alors je ne sais plus ce que j’absorbe, de qui ça vient, d’où, etc. Je sais que j’ai absorbé du Nicolas Cluzeau (sa conception de la fantasy et son obsession pour la Turquie), du Leroy (le style, la vision), du Colin Wilson (sa cosmologie, sa façon de mêler le vrai et le faux) du Philippe Ward (ses thèmes) et des mots écrits ou parlés de milliers de gens.

• Ton obsession littéraire ?

F. D. : La mort.

• Un ouvrage t’a-t-il marqué dans ton enfance ? Lequel et de quelle manière ?

F. D. : L’île au trésor de Stevenson…. Il y a tout dans ce livre !

• Ton héros/héroïne littéraire préféré(e) ?

F. D. : Le méchant gentil de L’île au trésor : Long John Silver, le salaud au cœur d’or, capable des pires atrocités et de grands gestes nobles… génialissime !

• Ton truc pour vaincre la page blanche ?

F. D. : Mon problème serait plutôt d’écrire moins…

• Ton petit plaisir coupable d’écrivain ?

F. D. : Tuer les emmerdeurs de la vie quotidienne dans mes livres comme le fait Belmondo dans Le Magnifique.

• Ton petit plaisir coupable de lecteur ?

F. D. : Lire des éditions originales.

• Quels sont les livres que tu relies régulièrement ? Qu’est-ce qu’ils t’apportent ?
F. D. : Les Boris Vian, les Van Vogt, les Dick, les Stevenson, quelques Franck Herbert… ils m’apportent du bonheur et m’excitent intellectuellement. Et puis, ça me permet de comparer mes sensations de lecteur à plusieurs années d’intervalle.

• Y a-t-il un auteur ou un livre dont tu veux nous parler ou que tu veux nous faire découvrir ?

F. D. : Il faut lire Jérôme Leroy pour ses polars/SF incroyablement prophétiques (surtout Monnaie bleue) et il faudrait rééditer Irrintzina de Philippe Ward, fantastique horrifique basque de très grand niveau.

• Essaies-tu de faire passer un message à travers tes histoires ?

F. D. : Cela dépend du genre : en polar, je suis très anarchiste et très agressif. En fantastique, je suis très ésotérique et décadent.

• Quelle est ta passion secrète ?

F. D. : Toutes mes passions sont affichées dans mes livres (littérature, histoire, bibliophilie, télépathie, mathématiques, sexualité, etc.)

• Est-ce que tu t’inspires d’un autre domaine que la littérature pour écrire ? (musique, cinéma, peinture, jeux de rôles, etc.)

F. D. : Peinture  pour le premier jet et cinéma pour le rythme.

• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour régler des comptes ?

F. D. : Oui, farpaitement…

• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour réinventer un pan de ta vie ?

F. D. : En polar, oui, j’affabule  ! En fantastique, non, tout est absolument autobiographique, de mes premiers Gore aux derniers Nestiveqnen !

• Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les années à venir ?

F. D. : Sur le plan éditorial : avoir quelques titres dans une collection de poche bon marché qui soutiendraient mes titres en grand format.
Sur le plan professionnel, en général : trouver la recette pour ne plus travailler. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit : je déteste travailler !

Propos recueillis par Frédérique Mounier et Chrystelle Camus

Les romans de François Darnaudet

 

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